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Histoire

Notre histoire

Histoire de la synagogue

De l’Antiquité à nos jours, l’histoire de la communauté juive du Luxembourg – entre migrations, enracinement, tragédies et renaissance.

Antiquité – XVIe siècle
Antiquité – XVIe siècle
Les premières présences juives au Luxembourg

Des origines à l’époque médiévale

Bien avant la destruction du premier Temple (586 av. J.-C.) et du second (73 apr. J.-C.), des communautés juives migrent vers le bassin méditerranéen puis le long des vallées rhénanes et mosellanes. À la croisée de ces routes commerciales, Luxembourg devient un point d’ancrage. Un acte du 5 juin 1276 mentionne pour la première fois Henri de Luxembourg, juif. Les archives évoquent une Rue et Porte des Juifs (1367) et un cimetière dans la vallée de la Pétrusse. Accusés lors de la peste de 1348–1349, nombre d’entre eux sont persécutés ou chassés. Après plusieurs expulsions et retours, l’édit de 1532 interdit définitivement leur séjour dans les Pays-Bas. Malgré tout, la mémoire de cette première implantation demeure.
1791–1850
1791–1850
Les débuts modernes de la communauté

Le renouveau

La Révolution française (1791) accorde aux juifs l’égalité civique ; le décret de 1795 abolit les taxes discriminatoires. Le premier recensement (début XIXe) révèle une petite communauté jeune, lettrée, venue de Moselle et de Sarre. L’intégration se fait sous de bons auspices grâce à des figures telles que Pinhas Godchaux (essayeur d’or et d’argent, représentant respecté de la communauté). Les juifs participent pleinement à la vie économique et sociale du jeune Grand-Duché. Les liens avec les autorités locales sont favorables ; la communauté s’organise et fonde ses institutions religieuses et civiles.
1850–1894
1850–1894
L’âge d’or des familles Godchaux

Grande synagogue

Les frères Samson et Guetschlick Godchaux fondent à partir des années 1820 un empire textile (rue Philippe II, Paffenthal, Schleifmuhl) qui comptera plus de 2 000 ouvriers. Ils introduisent logements ouvriers (« Kasären »), école maternelle, chorale et société d’entraide — premiers jalons de la sécurité sociale. Leur modernisme se traduit aussi par la construction d’une centrale électrique et par leur engagement civique (Paul et Jules Godchaux, bourgmestres de Hamm). Face à l’afflux des réfugiés d’Alsace-Lorraine après 1870, la synagogue de la rue du Séminaire devient trop exiguë : une nouvelle synagogue, de style néo-oriental, est construite selon les plans de Ludwig Levy et Charles Arendt ; posée en 1893, la première pierre précède l’inauguration solennelle du 28 septembre 1894.
1940–1945
1940–1945
Destruction et persécutions

La Seconde Guerre mondiale

Le 10 mai 1940, les troupes allemandes envahissent le Grand-Duché. Sous l’administration de Gustav Simon, la communauté – environ 4 000 personnes – subit restrictions, spoliations et déportations. Environ 1 200 personnes périssent. La grande synagogue est détruite à partir de 1941. Le Grand Rabbin Robert Serebrenik, avec l’aide de Franz von Hoiningen Huene, George Platt Waller et Albert Nussbaum, sauve de nombreux coreligionnaires. Mais la communauté sort exsangue de la Shoah, les familles dispersées et le culte anéanti.
1946–1980
1946–1980
Reconstruction religieuse et sociale

L’après-guerre

Les rescapés, privés de lieu de culte, obtiennent de l’État un terrain et un soutien financier. Les architectes Victor Engels et René Mailliet conçoivent un édifice moderne et fonctionnel : synagogue et centre social. Première pierre : 12 juin 1951 ; inauguration : 28 juin 1953 en présence du Grand-Duc héritier Jean et du Grand Rabbin Lehrmann. La succession rabbinale poursuit le renouveau : Kratzenstein (1946–48), Lehrmann (1950–58), Bulz (1958–1990), Sayagh puis Alain Nacache (depuis 2011). Le nouvel édifice devient le cœur spirituel et culturel de la communauté.
1980–2018
1980–2018
Vers la vérité historique et le devoir de mémoire

Mémoire, recherche

À partir des années 2000, le Luxembourg réexamine son passé. En 2002, une commission parlementaire étudie les spoliations des biens juifs (1940–45). En 2012, les historiens Serge Hoffmann et Denis Scuto rompent le silence sur les responsabilités nationales. En 2013, le Premier ministre Jean-Claude Juncker confie une mission de recherche à Vincent Artuso. Son rapport (2015) mène à des excuses officielles (vote unanime le 9 juin 2015), à la création du Comité pour la mémoire de la Seconde Guerre mondiale (2016) et à l’érection du Monument aux victimes de la Shoah (17 juin 2018, sculpté par Shelomo Selinger). La même année, naît la Fondation Luxembourgeoise pour la Mémoire de la Shoah, garante de la transmission et de l’enseignement de cette histoire.